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Un Chasseur Cycliste dans la Grande Guerre

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5 juillet 2026

L'heure X est à 11 heures

Le canon retentit tout proche : les Boches auraient donc avancé ?


Vers 13 heures, le GC 5 reçoit l'ordre de se mettre à la disposition de la 3e Division de cavalerie. Il faut repartir en pleine chaleur et se porter au sud de l'étang du Grand-Loupy, dans la forêt d'Épernay.

 


Marche pénible après les fatigues endurées la veille. Le GC 5 passe la nuit au bord de la route, tandis qu'avec une patrouille, le lieutenant LEFRANC va reconnaître où se trouve la première ligne des Coloniaux, pour renseigner le colonel commandant le groupement auquel appartiennent les chasseurs.


Le lendemain, 17 juillet vers 9h30, le capitaine reçoit l'ordre de porter son unité au sud de la Ferme Bellevue, pour participer à une attaque de la 131e Division d'infanterie dans la direction d'Oeuilly. Le GC 5 doit couvrir le flanc droit des troupes assaillantes.

 


L'heure X est à 11 heures...

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25 juin 2026

En passant par Saint-Memmie...

Dans l'après-midi du 15 juillet [1918], c'est le départ par l'itinéraire Amavaire - Marson - St Memmie.


La chaleur est accablante.

 

En cours de route, modification de l'ordre : se rendre immédiatement dans les petits bois, au Nord-Est de La Veuve, pour y servir de réserve de Division, la 5e DC devant prendre un secteur en 3e ligne.


Les chasseurs du GC 5 passent devant le séminaire de St-Memmie, qui fut leur caserne du temps de paix.

 


Il reste bien quelques-uns de ces hommes qui, le 2 août 1914, quittèrent ce lieu dont ils furent les habitants pendant près d'une année.


On rencontre des Châlonnais qui fuient la ville pour passer la nuit à l'extérieur ; ils redoutent le bombardement fréquent contre lequel leurs maisons de construction légère n'offrent aucun refuge.


Vers 20 heures, le GC 5 arrive à La Veuve, près duquel il bivouaque en attendant l'ordre de partir au milieu de la nuit, pour une autre direction.


L'armée GOURAUD a en effet victorieusement résisté au choc ennemi, et il n'y a pas lieu d'occuper la 3e position.


A 1 heure du matin, l'ordre de départ arrive :
Le GC 5 doit stationner à la Ferme de la Grange-le-Comte après avoir emprunté l'itinéraire Juvigny - Vraux - Aulnay - Chaouilly - Pierry - Brugny.


Il y parvient vers 17 heures, après avoir parcouru plus de 90 km depuis la veille, de jour sous un soleil de plomb, de nuit sur des chemins encombrés.


La fatigue est grande.

15 juin 2026

En juillet 1918, dans la Marne...

Le 3 juillet [1918], arrive l'ordre de partir le jour même ; la marche se fait de nuit, sur des routes encombrées par les troupes et les convois de plusieurs divisions.


Le GC 5 cantonne à Pocancy avec l'état-major de la 5e DC. Il fait très chaud, le cantonnement est assez resserré.

 

 

Le 7 juillet, nouveau départ de nuit : on traverse Châlons, le berceau du GC 5.


Les cyclistes cantonnent à Francheville avec un escadron du 26e Dragons. Le village s'étend le long d'une fraîche rivière très ombragée et dont les bords sont particulièrement agréables à fréquenter par cette forte chaleur.

 

 

Les jours s'écoulent agréables.


Le 14 juillet est célébré en commun avec le Groupe d'artillerie de la division, cantonné dans le voisinage, par une séance sportive dans l'après-midi, suivi d'une soirée théâtrale qui se prolonge jusque vers minuit.


A peine chacun, rentré dans son logis, était-il plongé dans son premier sommeil, qu'il est réveillé en sursaut par un roulement sourd et violent de la canonnade qui subitement se fait entendre sur les lignes de Champagne.


Que se passe-t-il ?


Tout le monde, en tenue sommaire en général, se précipite dans la rue ; les habitants, affolés, gémissent et se préparent au départ. Personne ne se recouchera plus.


A deux heures du matin, parvient au GC 5 l'ordre d'être prêt à marcher à partir de 14 heures.


Il n'y a donc pas d'urgence.


Le calme revient peu à peu.

20 mai 2026

Georges KOBLER (1889 - 1918)

En parcourant la liste des tués du 5e groupe cycliste insérée dans l'historique, j'ai relevè le nom de GOBELERT Georges.

 

 

Ne trouvant pas sa trace au moyen du Grand Mémorial ou de Mémoire des hommes, j'ai fait une tentative sur la base de données des Sépultures de guerre.

 

Et là, Bingo !

 

Un Georges GOBELERT est inhumé dans la nécropole nationale de Montdidier, tombe 4768

 

 

Retour sur Mémoire des hommes avec une recherche sur le lieu de Grivesnes et le prénom Georges : 38 réponses mais une seule potentiellement intéressante par homophonie : KOBLER Georges.

 

 

Il semble bien qu'il s'agisse de notre homme. Sa fiche matricule, conservée aux archives de Meurthe et Moselle, a été reconstituée et ne nous apprend rien de plus sur son parcours.

 

Georges KOBLER avait probablement effectué son service militaire au 4e BCP et y avait peut-être été affecté au groupe cycliste rattaché à cette unité, puis versé au 29e BCP.

 

Il fut cité à titre posthume par décret publié au JORF du 26 octobre 1920

Caporal d'une bravoure réputée. Est mort glorieusement pour la France le 14 avril 1918 devant Thory.

 

Son nom figurant dans la liste des tués du 5e GC, il pourrait sembler raisonnable de penser qu'il y était affecté, mais la lecture de son acte de décès transcrit à Nancy le 17 août 1918 ne fait pas référence à 5e GC : cet acte fut dressé par l'officier de détails du 29e BCP sur la déclaration du lieutenant commandant la 3e Cie où était affecté Georges, et d'un adjudant de ce même BCP.

 

La lecture du JMO du 29e BCP à la date du 13 avril 1918, lève définitivement le doute

 

Mémoire des hommes - extrait du JMO du 29e BCP

15 mai 2026

Cette campagne est belle, calme et reposante

Le 6 juin [1918], la Division se déplace. Le GC 5 cantonne à Sablonnières, d'abord au hameau des Hacots, puis au hameau du Mont-Vautron.


Les trois journées vécues là se passent en nettoyage, repos, réorganisation. Il fait beau, et cette campagne, éloignée de tout centre par suite de toute agitation, est belle, calme et reposante.


Mais le 10 juin, nouveau déplacement de la 5e DC. Le GC 5 cantonne à Montmirail, encombré de troupes, où il rencontre le 1er groupe cycliste, qu'arrête une épidémie de grippe.

 

Extrait du JMO du 1er Groupe cycliste


Dès le lendemain, le GC 5 va s'installer 20 km plus loin, à Champaubert, où il passera trois semaines dont il conservera le meilleur souvenir.


Installé seul dans le village avec les autos-mitrailleuses de la division, il reprend ses forces et sa belle allure. Il y est complété par un renfort venu du dépôt.


Quelques exercices remettent tout au point. Une épidémie de grippe sans gravité ne parvient pas à diminuer la joie de vivre en cette région hospitalière.

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10 mai 2026

A fait l'admiration de tous

Le GC 5 est à la disposition de la brigade légère, dont il doit retrouver les éléments à pied d'un régiment à la lisière de la forêt qui domine Sauvigny.


Au petit jour, le GC 5 se met en marche et ne pouvant hisser ses machines par le petit sentier court, mais par trop à pic, il fait un assez long détour par Courthièzy, bombardé, et la Grange-au-Bois, où les machines sont laissées.

 

Source Géoportail


Il arrive le premier au rendez-vous. Le colonel le rejoint à 9h30, l'emmène d'abord plus au nord, puis revient à l'emplacement primitif où le GC 5 constitue la réserve du sous-secteur de Sauvigny où il restera 3 jours, bivouaquant sous les arbres.


L'ennemi est arrêté par la Marne et nous pourrons voir les premiers obus français tomber sur le village de Passy où nous avions cantonné un mois auparavant.


Dans la nuit du 2 au 3 juin [1918], le GC 5 reçoit l'ordre de se porter à Celles-lès-Condé, en réserve de division.


Le 6 juin, la Division est relevée.


Le Groupe est cité à l'ordre de l'armée le 16 juillet 1918 :


Sous le commandement du capitaine BASSE, a héroïquement lutté les 26 et 27 mars 1918, tenant jusqu'à la dernière extrémité, presque entièrement encerclé.

Dès le lendemain, ayant subi des pertes sévères, a de nouveau pris part aux opérations.

Vient encore de se distinguer pendant les journées des 28, 29 et 30 mai 1918, défendant opiniâtrement deux villages, disputant le terrain pied à pied à des forces très supérieures.

A fait l'admiration de tous.

5 mai 2026

Repli sous le bombardement

Vers 16 heures, sous la menace d'enveloppement par la gauche, le colonel des chasseurs à cheval, donne l'ordre de repli.


Le décrochage si difficile dans de pareilles conditions, se fait admirablement. Les fusiliers en reculant, tirent debout sur l'ennemi qui n'ose pas se lever.


Sous le bombardement, le GC 5 va prendre ses bicyclettes déposées à la sortie sud du Charmel et prend lentement la route de Jaulgonne, arrêtant par son feu à chaque coude de la route, l'ennemi qui avance rapidement.


Le chasseur VITUN est blessé au cours de ce mouvement.


A ce moment, l'ordre arrive de se porter rapidement vers Passy pour concourir à la défense du pont.

 

 

Le GC 5 s'y rend en restant sur la rive Nord de la Marne : les chasseurs revoient cette route qu'ils parcouraient si allégrement un mois auparavant.


Ils trouvent près du pont, des éléments de la brigade de cuirassiers, se reposent à Sauvigny sur la rive Sud, mangent à leur faim, ce qui ne leur était pas arrivé depuis trois jours.


Mais à 22 heures, il faut retourner sur la rive Nord pour tenir les issues de Passy et y recueillir les éléments qui n'ont pas encore passé la Marne.


On entend des explosions vers Dormans, la lueur de formidables incendies rend cette nuit claire. Vers 1 heure, ordre de repasser la Marne, le pont va sauter...

25 avril 2026

Mathieu SOULIER (1891 - 1918)

Maréchal-ferrant à Allassac (19), Mathieu SOULIER fut incorporé au 20e régiment de Dragons le 1er octobre 1912, puis détaché à la remonte de Bouilhaguet en novembre 1913 et à celle de Mérignac le 1er juillet 1914.


Affecté au 10e Dragons en juillet 1915, il passa au 5e Groupe cycliste le 25 novembre 1915.

 

Il fut tué lors des combats de la Ferme de la Fosse.

 

 

Son nom est inscrit sur le monument aux morts d'Allassac.

20 avril 2026

Maurice HURAND (1897 - 1918)

 

Natif de Seine et Marne, Maurice Lucien Eugène HURAND, demeurait à Paris 4e où il exerçait la profession de mécanicien cycliste.


Incorporé au 5e Groupe cycliste le 12 janvier 1916, il est mort deux ans plus tard, le 30 mai 1918 à la Ferme de la Fosse (Aisne).

 


Il aurait eu 21 ans un mois plus tard.


Il est inhumé dans la Nécropole nationale de Neuilly Saint Front, tombe 1148.

 

Son nom est inscrit sur l'une des plaques apposées sur le mur du cimetière du Père Lachaise.

15 avril 2026

Jules FOSSARD (1892 - 1918)

 

Jules Victor FOSSARD était cultivateur dans la Manche.


Né en 1892, il avait été incorporé au 29e BCP le 10 octobre 1913, puis 10 jours plus tard au 5e Groupe cycliste.


Parti aux armées le 2 août 1914, il tomba malade fin janvier 1915 et fut évacué.


De retour au dépôt à Fougères en avril 1916, il repartit pour le front le 27 mai 1916.

 

Il est tombé " le 30 mai 1918 à 10 h du matin sur le champ de bataille à la Ferme de la Fosse (Aisne). "

 

 

Il avait 25 ans.

 

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Chasseguey (50), sa commune natale.

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