Un Chasseur Cycliste dans la Grande Guerre

20 août 2016

Georges CORVISART (1888 - 1918)

Je parcourais l'historique du 5e Groupe à la recherche du lieu où se trouvait Roger NONY alors qu'il écrivait à sa mère en 1916, lorsqu'un nom attira mon attention : celui du lieutenant CORVISART.

Il est mentionné qu'il était lieutenant au 19e BCP en juin 1916 et qu'il fut tué en mars 1918 à Grivesnes.

Une connexion au site Mémoire des hommes permet de retrouver deux fiches et de découvrir ses prénoms : Georges, Jules, date et lieu de naissance.

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Georges CORVISART était né à Épinal en 1888. Les archives des Vosges permettent la consultation des fiches matricules. Malheureusement la sienne est assez silencieuse : elle a été reconstituée.

Elle indique qu'il était dessinateur et demeurait à Madgebourg (Allemagne) lors de son recensement. Une mention " Aj en 1909 " (probablement pour ajourné), puis Bon à Berlin m'a incité à faire une demande aux copains du forum pages 1418.

Son acte de naissance porte une mention marginale relative à son mariage avec Andrée NIDERGANG en 1913 à Paris.

En complément, une visite sur le site Gallica-BNF permet à la lecture du Journal officiel d'apprendre que Georges CORVISART fut par la suite nommé Capitaine, toujours au 19e BCP, et qu'il fut cité à l'ordre de l'armée le 31 août 1917 (Journal officiel) :

Le 5 mai 1917 a vigoureusement enlevé sa compagnie à l'assaut ; après avoir atteint son objectif s'est établi dans une position de flanc particulièrement délicate. S'y est maintenu avec ténacité pendant deux jours jusqu'à ce qu'il fut relevé malgré un bombardement presque incessant et les nombreuses attaques de l'infanterie ennemie.

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Fait Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume (JO du 15 mai 1919) :

Rude soldat. Chef énergique, volontaire et tenace, depuis quatre ans sur la brèche, et depuis quatre ans d'une merveilleuse fermeté au feu ; maintes fois cité. Le 31 mars 1918, au cours d'une violent attaque ennemie, exécute un bond en arrière pour dégager sa gauche ; puis sa compagnie bien en main, repart en avant, donnant l'exemple, payant de sa personne, tombe mortellement frappé d'une balle à la tête sur le front de sa compagnie. A été cité.

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Avant de passer au 19e BCP, il commandait la 1ère section du 2e peloton du 5e groupe lors de la mobilisation générale et venait du 25e BCP.

Son nom figure dans les livres d'or de Paris 10e et de Dijon.

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15 août 2016

Changement à la tête de la 5e Division

Le 6 octobre 1914, le Groupe est avec la 5e Brigade légère.

Il traverse Verquin, Verquigneul, Labourse, Sailly, Annequin, Vermelles et va occuper une position en avant de la fosse 7 de Béthune, face à Loos et à Lens.

Le 3e peloton est détaché à droite de la fosse 5.

Violente canonnade vers le Nord, le 21e CA arrive vers 15 heures.

La Division de cavalerie se retire vers le nord-ouest ; le Groupe par Mazingarbe, Noyelles-les-Vermelles, sur Sailly-Labourse où il passe la nuit.

Le Général Louis ALLENOU (1858-1923) prend le commandement de la 5e DC par interim.

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10 août 2016

Emparez-vous d'Aix-Noulette

L'historique du 5e Groupe ne précise pas avec quelle unité de Dragons il était en position le 5 octobre 1914.

Une recherche du côté des JMO des Brigades apporte la réponse.

Après avoir été aux côtés de la 3e Brigade de Dragons le 4 octobre 1914, le 5e GC est avec la 7e Brigade de Dragons comme le mentionne le JMO de cette unité :

[...] 5 octobre 1914
La Brigade se rassemble à la Fosse [n°1 d'après le JMO du 29e RD] et rompt vers 8h recevant l'ordre, avec le Groupe cycliste et la batterie d'artillerie de s'emparer d'Aix-Noulette.[...]

Deux pelotons cyclistes et la section de mitrailleuses de la Brigade abordent Aix-Noulete par la grand'route, le 29e Dragons formant colonne d'attaque de gauche ayant en tête les escadrons LAGROLET et CLAIRE, le 9e suit, en réserve.

Attaque de la crête après préparation par l'artillerie. Le Capitaine CLAIRE et le Lieutenant DE GIRONVILLE disparaissent au cours du combat.
A la nuit, les deux colonnes d'attaque se replient sur la voie ferrée que la Brigade quitte à 21h30 pour aller cantonner à Verquin à minuit.

Le JMO du 29e Dragons indique : " deux sections des chasseurs à pied cyclistes sont également mises à disposition du Capitaine PORTALIS qui reste en position jusqu'à 23 h. "

Il est également mentionné que c'est à la suite d'une mauvaise compréhension de l'ordre donné par le Colonel au 2e escadron que le Capitaine CLAIRE et le Lieutenant ROUILLON DE GIRONVILLE ont été tués.

Au lieu de mettre pied à terre et d'attaquer à pied, le 2e escadron s'est porté à l'attaque à cheval. D'autres victimes sont tombées :
Maréchal des Logis APPERT, les Brigadiers DE BOISGELIN, ROGER, GATÉ, BARDOT, le Brigadier maréchal TÉTARD, les cavaliers VAITÉ et JACQUEMARD.
Deux blessés sont également à déplorer le Maréchal des logis PACAUD et le Brigadier BOURDET.

Les débris du 2e escadron furent ramenés en arrière de Bully-Grenay par le Sous-lieutenant FOUQUES DUPARC.

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05 août 2016

Accrochage près d'Aix-Noulette

Le 5 octobre 1914, après avoir passé la nuit à Noeux, le Groupe en position derrière l'escadron d'avant-garde, se dirige vers Aix-Noulette.

A Petit-Sains, des coups de fusil partent du chemin de fer : deux sections se déploient à droite et à gauche de la route et vont occuper le passage à niveau.

Des cavaliers allemands s'enfuient.

Le section BERNARD (1er peloton) descend dans Aix-Noulette, où elle est violemment bombardée.

Le reste du 1er peloton occupe le passage à niveau.
Le 2e peloton occupe les environs du pont à 600 m au nord-est et le 3e est en réserve à Petit-Sains.

L'ennemi occupe les crêtes au-delà de Bully-Grenay et canonne la route et la voie ferrée. Le Groupe reste en position jusqu'à 21 heures, il forme ensuite l'arrière-garde de la Division de cavalerie, qui se retire à Noeux.

Le 5e GC va cantonner à Vaudricourt à 23 heures.

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30 juillet 2016

Roger NONY, 2e peloton du 5e GC

Une carte-lettre expédiée par le Chasseur Roger NONY à sa mère 14 septembre 1916, indique qu'il était affecté au 2e peloton.

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Il se plaint de ne pas recevoir de nouvelles et précise que cela n'a rien de surprenant en raison des déplacements : les lettres mettent plus de temps à parvenir.

Cette carte écrite le 14 septembre 1916, porte un cachet à date Trésor et postes du 15 septembre, secteur postal 18.

Elle est arrivée au Bouscat (33), trois jours plus tard le 18 septembre.

La partie correspondance porte la mention suivante, rappelant les consignes en matière de correspondance :

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Roger NONY semble avoir survécu au conflit : son nom ne figure pas dans la base mémoire des hommes.

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29 juillet 2016

5e Groupe cycliste en balade

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Cette carte postale a été légendée par son expéditeur

" 5e Groupe cycliste en balade "

Elle a été postée en août 1916 de St Aubier des Colombins (?) et adressée à Messieurs les auxiliaires du 5e Groupe cycliste à Fougères. Elle porte un cachet circulaire encré violet " Maison du soldat - Fougères - (Ille et Vil) "

Elle représente un bataillon cycliste en manoeuvre au camp de la Lande Doué, parfois écrit Lande d'Ouée. Ce camp militaire existe toujours de nos jours et accueille le 11e RAMA (régiment d'artillerie de marine).

Que faisait le 5e GC à Fougères en 1916 ?

Le dépôt de Chalons sur Marne y avait été replié.

Renseignement pris auprès des archives municipales de Fougères, le dépôt du 5e GC fut d'abord installé à Vitré (35) avant d'être transféré à Fougères (35) en février 1915.

Une partie (les évacués), stationnait dans une maison de retraite située rue de la forêt, une autre dans la caserne des Urbanistes.

Le dépôt ne disposait pas d'infirmerie, celle-ci était celle du 106e d'artillerie située à la Providence, et les souffrants étant en subsistance à la 62e batterie du 106e RA.

Tous mes remerciements aux archives municipales de Fougères.

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25 juillet 2016

État-major de la 5e DC

Cette carte photo représente des estafettes cyclistes de l'état-major de la 5e Division de cavalerie posant avec leur machine. Au milieu une bicyclette pliante Gérard toute neuve, semble-t-il.

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Un morceau du cachet postal laisse deviner l'année : 1912.

Les groupes de chasseurs cyclsites ne sont pas encore officiellement créés, ce sera fin 1913.

Attardons-nous sur quelques détails et essayons de deviner à quelles unités appartenaient ces hommes :

de gauche à droite nous avons probablement :

  • un chasseur à cheval,
  • puis un chasseur à pied de 1ère classe,
  • un soldat affecté à l'état-major,
  • un autre chasseur à pied,
  • un autre chasseur à pied (probablement sergent)
  • et enfin un caporal (deux galons) d'état-major.

Le chasseur à cheval porte le chiffre 5 sur ses pattes de col et son képi pour le 5e régiment de chasseurs à cheval.

Le chasseur à peid de 1ère classe porte des vélos sur ses pattes de col, indiquant sa fonction de cycliste. Le chiffre 4 se devine sur son képi, pour 4e bataillon de chasseurs à pied (BCP).

Le soldat secrétaire d'état-major avec les bras croisés porte sur son calot et sur ses pattes de col les insignes de ce type d'unité.

L'autre chasseur à pied porte un képi où se devine un nombre à deux chiffres, probablement 15 pour 15e BCP.

Le probable sergent de chasseur à pied porte également un képi où se lit le nombre 16 pour 16e BCP.

Enfin, le caporal d'état-major porte les mêmes insignes que le soldat commis ou ouvrier d'administration.

Tous ces hommes portent par ailleurs un brassard présentant la lettre V surmontée d'une étoile.

Cette étoile indique une affectation auprès de l'état-major d'une division, ici la 5e DC comme indiqué à la craie derrière les hommes. La lettre V, quant à elle, correspond au chiffre romain signifiant 5, comme le précise le Livre du Gradé d'infanterie (édition 1916-1917 mise à jour octobre 1916) pour les brassards des vélocipédistes :

[...] couleur bleu de ciel pour la cavalerie, chiffres romains surmontés d'une étoile pour les divisions.[...]

Ces hommes sont donc bien tous des cyclistes (ou des vélocipédistes) de l'EM de la 5e DC ; leurs bicyclettes sont diverses et variées, probablement propriété des hommes eux-mêmes. Sur certaines colonnes de direction on peut reconnaître ce qui ressemble à une plaque d'identité ou une plaque fiscale.

L'un de ces hommes a pour monture la bicyclette pliante Gérard qui sera en dotation, un an plus tard, dans les groupes cyclistes.

 

 

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20 juillet 2016

Journal de Lens - 4 octobre 1914 (extrait)

Poursuivant les recherches sur les combats du 4 octobre 1914 à Lens, j'ai trouvé le site du Journal de Lens par le Lensois normand.

Rappel de l'avertissement en page d'accueil :

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   De même, les photos, images et documents insérés dans les articles ne peuvent être reproduits sur Internet et dans les réseaux sociaux qu’à la seule condition d’indiquer qu’ils proviennent de ce blog.

L'auteur du site, contacté, m'autorise à reproduire un extrait de la relation de la journée du 4 octobre 1914, dans lequel sont mentionnés les chasseurs cyclistes

" [...] Aurons-nous encore du pain pour longtemps ? Nous avons appris que les frères Deligne, les derniers meuniers de Lens, se sont enfuis hier emportant des pièces de leur moulin à gaz afin de l’empêcher de fonctionner.

Hier dans la journée, un escadron de dragons est arrivé et s’est dirigé vers Loison en prenant position à la sortie de Lens sur la route de Lille et dans le quartier du Marais. Cette nuit, une compagnie de chasseurs à pied cyclistes est entrée en ville. Les soldats se sont postés entre le pont de Douai et la gare, le long du canal. Ils veulent, nous a-t-on dit, reprendre le cimetière où se trouve des troupes allemandes.

Ce matin peu avant la messe de 6 heures, nous avons entendu les premiers tirs d’artillerie du côté du pont de Douai et vers Loison. Les allemands avançaient vers le canal. Quelques groupes tentaient de le traverser en barque mais étaient encore repoussés par nos soldats qui utilisaient les wagons des mines comme abri. La fosse 5 vers Avion était déjà occupée par l’ennemi.

A 6 heures, les cloches de l’église Saint-Leger ont sonné pour annoncer la messe. Peu de lensois s’y sont rendus. Le chanoine Occre a d’ailleurs aussitôt renvoyé ses fidèles et leurs a conseillé de rester chez eux. Les seuls qui osèrent sortir ne le firent que pour fuir vers Saint Pol sur Ternoise. Pourtant, on raconte que quelques lensois intrépides seraient montés au sommet du clocher de l’église St Léger pour assister aux combats.

Cette bataille faisait rage le long du canal. Nous avons appris que Madame Julia Olivier, qui habite le chemin du Halage a été la première lensoise à périr sous les tirs allemands.

Dans la matinée, les soldats de l’escadron de dragons se replièrent dans la cité du Vieux Condé, près de la fosse 2. L’ordre leur a été donné de se regrouper avec les chasseurs sur la place de la République. Les premiers soldats allemands ont alors réussi à traverser le canal.

Vers 11h00, les troupes françaises reçurent l’ordre de se replier vers Liévin et les collines de Lorette. L’un des dragons, Henri Fernand, originaire de Blois n’en eut pas le temps, il a été abattu sur la place de la Gare. Il est le premier soldat français mort à Lens. A midi, toutes les troupes françaises avaient abandonné la ville nous laissant à la merci des envahisseurs. [...] "

Tous mes remerciements à Claude.

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15 juillet 2016

Création de pelotons cyclistes

Le JMO de la 5e Division de cavalerie mentionne après la relation des combats de la journée du 4 octobre 1914, la création de pelotons cyclistes avec des cavaliers démontés et des bicyclettes de réquisition. Ces pelotons restèrent à la disposition de leur brigade d'origine et rendirent de grands services.

Avec cette création d'unités cycistes, la 5e DC fait figure de précurseur par rapport à la décision ministérielle du 17 février 1915 signée par le ministre de la Guerre Alexandre MILLERAND, relative à la création d'unités nouvelles, dont notamment les régiments d'infanterie de la série 400, évoquée lors de la commémoration du centenaire du 409e RI à Chinon.

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10 juillet 2016

Tombés à Lens (62)

Le Sergent Louis VALLERAND ne fut pas la seule vicitme des combats du 4 octobre 1914.

Il y eut également les chasseurs Lucien LAUNEZ et Louis PIERRE, ainsi que le Caporal André SÉGLER. Si leurs noms ne figurent pas parmi les pertes de la journée du 4 octobre 1914, ils sont bien présents dans la liste des morts du 5e Groupe insérée dans l'historique du 5e GC.

Lucien LAUNEZ, né en 1893 à Crépy en Valois (60), était âgé de 21 ans lorsqu'il est tombé à Lens (62). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Crépy en Valois, où il est inhumé.

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Louis PIERRE était originaire de Château-Thierry (02). Né en 1892, il était âgé de 22 ans. Comme Louis VALLERAND, il repose dans le carré militaire du cimtière de Lens-Sallaumines (62), tombe collective n°4.

Son nom est probablement inscrit sur le monument aux morts de Château-Thierry avec le prénom Robert.

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André SÉGLER est décédé à l'hôpital de Lens, des suites de ses blessures. Natif de Senlis (60), il était âgé de 21 ans. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Senlis.

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