Un Chasseur Cycliste dans la Grande Guerre

06 août 2021

29, des cols et des vélos...

Une carte postale récemment mise en vente à un prix fort élevé (trop pour moi) représente trois soldats sur des vélos. En voici un extrait :

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L'oeil exercé aura remarqué que ces vélos ne sont pas n'importe lesquels, mais des bicyclettes pliantes Gérard.

De même que les vestes qui sont des vestes chasseur reconnaissables à leur col.

Le nombre 29 sur les pattes de col, s'il est bien celui du 29e BCP, ajouté aux trois bicyclettes pliantes indique que ces trois hommes étaient des chasseurs cyclistes du 5e Groupe.

L'homme à droite porte un insigne de fonction

 Je vais faire appel aux copains du forum pages1418. L'un des spécialistes y reconnaîtra peut-être la fonction de ce chasseur.

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29 juin 2021

Clin d'oeil du Tour de France 2021

L'arrivée de la 4e étape du Tour de France est à Fougères, lieu de dépôt du 5e Groupe cycliste.

Le tracé de la 4e étape du Tour de France 2021 entre Redon et Fougères (152 km).
Source Ouest-France

Avant Fougères, l'itinéraire traversera au sprint Vitré, premier dépôt du 5e GC en Bretagne avant d'être transféré à Fougères.

Passage prévu à Vitré à 16h10 et arrivée prévue à Fougères à 17h.

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12 juin 2021

Le chasseur François MIGUET (1887 - 1915)

Il y a au cimetière du Père Lachaise, un étonnant monument funéraire représentant un chasseur cycliste et sa pliante Gérard.

Figurine déposée par mes soins le temps de la photo : elle représente un chasseur cycliste et une pliante Gérard.

J’ai interrogé la conservation du cimetière afin de savoir si un inventaire des monuments funéraires existait et leur ai expliqué le but de ma recherche dans le cadre de mes travaux sur la bicyclette pliante Gérard, et s’il serait possible de retrouver le nom du soldat représenté.

Le résultat fut rapide.

Quelques jours plus tard, Arnaud l’un des correspondants en copie de la transmission du mail m’a indiqué avoir repéré un monument similaire à celui de la photographie.
Il précisait également la situation exacte de la sépulture, au débouché du Chemin Grammont, le long du Chemin Serré, dans la 73e Division.

A sa réponse étaient joints un plan général du Père Lachaise ainsi qu’un plan détaillé de la division situant précisément la sépulture.

Ces précieux renseignements m’ont permis de retrouver cette sépulture ornée du monument précédemment photographié par André Chabot.
Il m’indiquait également le nom du défunt : chasseur François MIGUET du 69e bataillon de chasseurs à pied, mort en 1915.

Il est aujourd’hui très abimé. Apparemment en béton armé (on distingue une armature métallique qui apparaît derrière le monument), il a souffert des outrages du temps après 90 ans.


Si la fiche mémoire des hommes au nom de François Victor Alexis MIGUET mentionne bien une date et un lieu de décès, la mention complétée au bas de la fiche mémoire des hommes pourrait laisser entendre que cet homme avait probablement été porté disparu, puisque c’est un jugement du tribunal de la Seine rendu le 11 octobre 1918 qui a fixé la date du décès, et que celui-ci a été transcrit dans les registres d’état-civil du 11e arrondissement la 13 décembre 1918.

Comme la classe, le bureau de recrutement et le n° de matricule figurent sur ce document, cela permet de retrouver la fiche matricule sur le site des archives de Paris.

François MIGUET était né à Paris 15e le 18 novembre 1887. Lors de son recrutement en 1907, il exerçait la profession d’employé de commerce.

Incorporé au mois d’octobre 1908, il accomplit son service militaire au 76e RI jusqu’en septembre 1910. A l’issue de celui-ci, il reçut un certificat de bonne conduite. Réserviste, il effectua une période d’exercices dans le même régiment en 1912.

Il fut rattaché au 7e Groupe cycliste en 1913. Cette unité fraîchement créée était stationnée à Orléans et rattachée à la 7e Division de cavalerie.

Lors de la mobilisation générale, il rejoignit ce groupe cycliste et partit en campagne direction de la Belgique.
En novembre 1915, il fut muté au 69e bataillon de chasseurs à pied (le bataillon de réserve du 29e BCP où était affecté Georges CHAUVIN, chasseur cycliste au 5e GC).
Quelques jours plus tard, il est décédé des suites de ses blessures à Saint-Souplet (51). Probablement disparu et retrouvé en 1916, son corps fut inhumé le 4 mars 1916 au cimetière militaire de St-Clément.

Un échange sur le forum pages 1418 avec Hubert, que je remercie quant à la situation de ce cimetière en zone occupée, m'a mis la puce à l'oreille. Une vérification sur le site de la Croix-rouge internationale m'a permis d'y découvrir l'avis de décès dressé par les autorités allemandes, confimant les graves blesssures et l'inhumation au cimetière de Saint-Clément en Arnes (08).

Cette information avait été communiquée à la famille en février-mars 1916, comme l'indiquent les fiches de la Croix-rouge internationale.

Ultérieurement, le corps fut rendu à la famille.

François fut inhumé au Père Lachaise le 7 juillet 1919, son coprs venant de Mondreville, la commune dont était originaire sa famille.

Il fit l’objet d’une citation à titre posthume publiée au Journal officiel du 4 janvier 1921.

Son nom est inscrit sur l'un des panneaux rappelant le nom des Parisiens morts pour la France

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18 janvier 2021

Chasseur Joseph RIGOT (1893 - 1914)

Premier message de l'année suite à un message d'Yves, petit-neveu du chasseur Joseph Jules RIGOT.

Yves, à qui je renouvelle mes remerciements, m'a communiqué un protrait et des documents recueillis par ses soins lors de ses recherches familiales. C'est à partir de ceux-ci que je peux évoquer Joseph RIGOT, tué le 26 août 1914 à Crèvecoeur.

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Joseph était né à Montreuil en 1893. Lors de son incorporation en novembre 1913 au groupe cycliste du 29e BCP, il exerçait la profession de typographe.

Sa fiche matricule indique qu'il fut présumé tué le 26 août 1914. Son décès ne put être matériellement constaté par l'officier d'état-civil du régiment et c'est donc un jugement déclaratif rendu en juin 1919 qui fixa la date de celui-ci. L'acte de décès est transcrit en août 1919.

De recherches précédentes, j'avais retrouvé trace d'une réinhumation à la Nécropole de Douai de 7 inconnus du 29e BCP tombés en août 1914 et inhumés en 1935, dont les corps provenaient de Rue des Vignes et de Séranvillers (59).

Parmi eux, il y a vraisemblablement Joseph.

Une recherche sur la base de la Croix-rouge internationale indique que Joseph était bien inhumé à Séranvillers et que sa sépulture était présente en 1917, d'après les autorités allemandes.

Pour compléter, Yves me précise que le nom de son grand oncle est inscrit sur le monument à l'extérieur du cimetière du Père Lachaise.

J'ajouterai que Joseph RIGOT est également inscrit sur le monument aux morts de Séranvillers (59) aux côtés du nom de ses camarades et du chef du 5e GC tombés le même jour 26 août 1914. Il est également inscrit sur le monument aux morts virtuel de la ville de Paris.

Enfin, une recherche sur mémorialgenweb, indique que le nom de Joseph figure également sur la plaque de l'église de l'Immaculée Conception dans le 12e arrondissement de Paris.

Tous mes remerciements à Yves.

02 janvier 2021

Quoi de neuf sur le blog en 2020 ?

Une belle surprise en 2020 : au cours des échanges avec Cédric, l'arrière petit-fils d'Émile GASC, j'ai pu reconstitué les ciconstances au cours desquelles mon grand-père Georges CHAUVIN fut blessé le 14 juillet 1917, ainsi que ses camarades dont l'un perdit la vie.

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Outre Émile et Georges, il y avait Léon LOUBRADOU, Pierre SCHUHMANN, Jean ROLLIN et Lucien SAUVAGE.

C'est grâce aux documents conservés par Cédric que le prénom de ces hommes a été retrouvé, permettant ainsi d'entreprendre des recherches.

50 ans après cet événement funeste, ces hommes avaient gardé le contact : ils s'écrivaient chaque année à l'occasion de la date anniversaire.

Grande émotion, lorsque Cédric m'a communiqué une copie des cartes postales envoyées par Georges à Émile !

L'évocation d'une escapade dans le Bois des Arrieux en forêt de Parroy qui aurait pu se terminer tragiquement, révèle que ces hommes étaient jeunes et parfois inconscients du danger.

Tous mes remerciements à Cédric pour le partage de ses documents et les joies que cela m'a apporté.

 

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20 décembre 2020

Joseph MONCOURANT (1881-1953)

Tout comme le lieutenant RAGUENET, l'adjudant-chef Joseph Antoine MONCOURANT fut lui aussi distingué dès la fin 1914.

L'historique du 5e GC ainsi que sa fiche matricule en témoignent :

Cité à l'ordre du Corps de cavalerie (étoile de vermeil) le 27 septembre 1914 avec le motif suivant :

" Au cours du combat du 26 août 1914, a fait preuve d'un courage remarquable en entraînant sa section à la baïonnette sur la ligne ennemie, ce qui a eu pour résultat de faire reculer une compagnie entière. "

Cx guerre 1418

Cité une nouvelle fois le 26 novembre 1914, cette fois à l'ordre de l'armée (palme), avec le motif suivant :

" Adjudant-chef au 29e Bataillon de chasseurs (GQG), a fait preuve d'une bravoure extraordinaire et d'un entrain incomarable dans les combats auxquels il a pris part "

citation qui lui valut également l'attribution de la Médaille militaire.

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Joseph MONCOURANT (sans T à MON) était né à Monthurel, dans l'Aisne, en 1881 où il exerçait la profession de vigneron, tout comme son père.

Incorporé au 54e RI en novembre 1902, il fut nommé caporal en 1903, puis sergent en 1904. Il avait passé avec succès le certificat de chef de section en 1905, et choisit de s'engager pour deux ans au 106e RI.

Il renouvela cet engagement à plusieurs reprises et fut nommé adjudant-chef en octobre 1913, au moment de la création du 5e Groupe cycliste auquel il fut affecté, comme chef de la 2e section du 3e peloton.

Atteint d'une sciatique contractée au front et bien que déclaré inapte par la commission de réforme de Vitré en mars 1916, il fut maintenu service armé.

En juillet 1917, il fut affecté au 2e Groupe d'aviation avant d'être affecté au 3e GA le 26 janvier 1918 en qualité d'officier de détail avec le grade de sous-lieutenant.

En 1921, il épousa à la Bazouge du Désert (35) Jacqueline COQUELIN, dont il avait peut-être fait la connaissance pendant qu'il était au dépôt du 5e GC à Fougères.

Il termina sa carrière avec le grade de lieutenant et se retira à Monthurel, où il décéda en 1953.

 

 

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05 septembre 2020

Une sortie dans le secteur des Arrieux

Une autre lettre datée du 12 novembre 1967, au lendemain de l'inauguration du monument aux morts du Fau, hameau de Montauban à l'initiative d'Émile GASC, évoque un épisode amusant qui aurait pu se terminer tragiquement :

" Nous avons rappeler nos imprudences en particulier la nuit que dans le secteur des Arrieux l'envie nous a pris d'aller en patrouille reconnaître un poste boche, sans prévenir le poste d'écoute où CHELLE et MONTORIOL... s'étaient tranquillement endormis... et n'ont pas fait attention à notre sortie.

Je te vois encore ramper sous la chicane de barbelés et t'accrocher la capote aux fils de fer, ce qui a déclanché un tapage diabolique alertant les postes boches qui nous tiraient dessus à la mitrailleuse... Je me rappelle aussi que nos sentinelles ignorant notre aventure, croyant avoir à faire aux boches, se sont mis à tirer jusqu'à ce que ROLLIN nous a devinés et c'est à ce moment que nous avons pu redescendre dans la tranchée, pour nous faire engueuler par le capitaine. [...] "

Le monument du Fau comporte trois noms de la famille GASC.

Le secteur des Arrieux était situé dans la forêt de Parroy

Extrait d'une carte du JMO du 91e - Mémoire des hommes via le forum pages1418

En recherchant sur Géoportal, je pense avoir situé le lieu, renommé Bois des Évrieux

Le Mont Laval est toujours là, ainsi que les bois de Chaussaille et de Rouge Boquet.

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30 août 2020

1917 - 1967 : Cinquantenaire d'un inoubliable moment

Cédric, l'arrière petit-fils du caporal Émile GASC a pu entrer en contact avec un membre de la famille du sergent Pierre SCHUMANN qui lui a communiqué quelques correspondances écrites par Émile.

L'une d'elle, datée du 6 juillet 1967, permet d'apprendre que les anciennes victimes du bombardement du 14 juillet 1917 commémoraient chaque année cet anniversaire en s'écrivant :

" Tous les ans à cette époque nous évoquons les vieux souvenirs de cette maudite nuit du 14 juillet où nous tombâmes côte à côte dans le Ravin de Barisis.

D'habitude c'est toi qui étais le premier à rappeler cette date. Cette fois ce sera sans doute moi.

C'est peut-être pour fêter le cinquantenaire de cet inoubliable moment que je suis un peu plus en avance.

En effet il y a un demi-siècle que nous sommes blessés. Ca ne semble pas possible que nous soyons encore là après nos souffrances et la décrépitude apportée par les ans, jointe aux malheurs et aux soucis que nous a réservé la vie. Et pourtant nous sommes encore debout. Ou c'est-à-dire un peu penchés en avant comme il se doit quand on s'achemine vers la tombe. [...] "

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20 août 2020

Émile RAGUENET (1878 - 19..)

L'histoirique du 5e GC indique que le sous-lieutenant RAGUENET reçut la Médaille militaire le 30 décembre 1914 avec le motif suivant :

S'est distingué par son énergie à l'attaque d'un village. A porté son peloton en avant et l'a maintenu en place sous un feu violent d'artillerie.

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Une recherche sur Gallica le site de la BNF m'a permis de retrouver cette distinction et ainsi le prénom du sous-lieutenant qui était Émile

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De là, une autre recherche sur le site du grand mémorial m'a permis de retrouver la fiche matricule de l'intéressé et de relever son deuxième prénom qui était Arsène. Émile Arsène RAGUENET était né dans le Doubs en 1878. Cordonnier lors de son incorporation, il était de petite taille : 1,55 m.

Après son service militaire qu'il accomplit au 44e RI, il choisit de rester dans l'armée et entame une carrière qui le mènera jusqu'au grade de capitaine dans les années 1920.

Lors de la mobilisation générale, il avait déjà rejoint le 5e Groupe cycliste au mois de janvier 1914, alors qu'il est adjudant-chef.

Nommé sous-lieutenant le 25 décembre 1914, puis lieutenant deux ans plus tard, le 25 décembre 1916, il poursuivit la campagne avant d'être incorporé au 1e GC le 1er janvier 1920.

Il avait été blessé gravement en procédant à des expériences de lance-bombes sous la direction d'un officier du Génie le 15 août 1915.

Le 25 février 1919, il fut cité à l'ordre du Groupe cycliste pour des faits se rapportant à septembre 1914 :

Chef de section de beaucoup de courage et de sang-froid. Le 29 septembre 1914, a fait preuve d'un grand esprit de décision, ce qui a permis la réussite d'une embuscade et la capture d'un convoi de 30 automobiles.

Il s'agit plus probablement de l'embuscade du 20 septembre 1914.

Il fut également cité à l'ordre de la division

Officier très consciencieux, d'un grand calme et d'un admirable sang-froid. Le 28 mai a assuré des circonstances particulièrement dangereuses et délicates, la transmission des ordres aux différents pelotons, se portant [illisible] sur la ligne de feu aux points les plus battus pour les communiquer et s'assurer de leur exécution.

Il reçut également les félicitations du corps de cavalerie le 7 août 1918

Excellent officier d'un grand courage et d'un beau dévouement. A commandé avec beaucoup de calme et d'à propos sa section de mitrailleuses dans les combats des 17 et 18 juillet, lui faisant prendre les meilleures positions pour aider le mouvement en avant.

Il fut élevé à la dignité de chevalier de la Légion d'honneur le 13 juillet 1919 et promu officier en 1954, dans sa 76e année.

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Il était également commandeur de l'ordre du Ouissam Alaouite, ordre honorifique marocain, probablement au titre de ses services au Maroc dans les années 1920.

 

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05 juillet 2020

Soirée calme en première ligne

Le peintre Maurice DENIS, fondateur du mouvement des Nabis, prit quelques croquis sur place à Barisis fin 1917. L'un d'eux lui servit à peindre le tableau intitulé " Soirée calme en première ligne vers Barisis "

Soiree_calme_maurice_Denis1917

Le titre de ce tableau a été repris pour nommer un sentier de randonnée de la commune de Barisis, inauguré en 2018.

Une partie de ce sentier passe à proximité des positions du PA de l'Abbaye dans le CR du Crotoir occupées par le 5e GC et le 11 RCP en 1917.

Extrait de la fiche de randonnée

 

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